Ce sur quoi nous travaillons avec les familles

Dans l’ensemble du partenariat Grandir en sécurité, les intervenantes et intervenants auprès des enfants et des jeunes, ainsi que les thérapeutes auprès des enfants et des familles, travaillent en étroite collaboration avec les enfants et les personnes qui en prennent soin et qui doivent composer avec le stress, les transitions et le rétablissement à la suite d’expériences de violence fondée sur le genre. Lors d’une récente conversation avec le groupe de pairs de Grandir en sécurité, nous avons discuté des réalités auxquelles les familles font face actuellement et des formes de soutien qui ont une incidence concrète et significative dans leur
quotidien.

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Soutien à la parentalité en période de transition

L’un des besoins les plus fréquemment exprimés par les familles concerne le soutien à la parentalité en période de stress. À leur arrivée dans un refuge, les personnes soignantes observent souvent chez leurs enfants des comportements nouveaux,mise à l’épreuve des limites, intensité émotionnelle accrue ou difficulté à s’apaiser. Ces changements peuvent être déstabilisants, surtout lorsque les parents se sentent déjà dépassés.

Une grande partie du travail initial consiste à normaliser ces réactions et à aider les personnes soignantes à comprendre que les enfants réagissent à un environnement nouveau, inconnu et souvent inquiétant.

L’établissement d’un lien constitue toujours le point de départ. La confiance et le sentiment de sécurité prennent du temps à se développer, particulièrement pour les familles ayant vécu des traumatismes. Les intervenantes et intervenants ainsi que les thérapeutes accordent d’abord la priorité à la création d’un espace où les personnes soignantes et les enfants se sentent à l’aise, respectés et écoutés. Sans cette base, il peut être difficile pour les familles d’exprimer leurs préoccupations ou d’accepter du soutien.

À mesure que les relations se consolident, les familles deviennent souvent plus ouvertes quant aux difficultés qu’elles rencontrent et aux besoins qu’elles jugent prioritaires.

Aider les familles à retrouver un équilibre

De nombreuses personnes soignantes indiquent que la perturbation des routines représente l’un de leurs plus grands défis. L’arrivée en refuge implique souvent de s’adapter à de nouveaux horaires, à des espaces partagés ainsi qu’à une multiplication de services et de rendez-vous. Cette réalité peut sembler accablante, tant pour les parents que pour les enfants.

Soutenir les familles dans l’établissement de routines simples et prévisibles contribue à rétablir un sentiment d’ancrage et de stabilité. Même de petites mesures peuvent rendre le quotidien plus gérable.

Un autre aspect central du travail consiste à soutenir les personnes soignantes lorsque, à la fois elles et leurs enfants, éprouvent des difficultés de régulation émotionnelle. Les parents tentent souvent d’aider leurs enfants à composer avec leurs émotions tout en gérant leur propre stress et leurs déclencheurs. Les intervenantes et intervenants ainsi que les thérapeutes offrent un accompagnement axé sur la corégulation, les stratégies de communication et l’autosoins, en soulignant que la perfection n’est pas l’objectif.

Normaliser les erreurs, les réactions émotionnelles et les journées difficiles aide les personnes soignantes à se sentir moins isolées et plus confiantes dans leur rôle parental.

Soutenir les compétences et favoriser la croissance

Des outils concrets jouent un rôle important dans cet accompagnement. Les familles participent à des discussions de résolution de problèmes qui incluent à la fois les personnes soignantes et les enfants, afin que chacun se sente entendu et impliqué dans la recherche de solutions.

Des exercices de respiration, des jeux de rôles, des pratiques de pleine conscience et des stratégies d’adaptation simples sont fréquemment utilisés, puisqu’ils peuvent être mis en œuvre facilement au moment opportun. Ces outils aident les enfants à nommer leurs émotions, à ralentir leurs réactions et à développer leurs compétences dans un environnement sécurisant et bienveillant.

Avec le temps, les progrès se manifestent souvent de façon discrète, mais significative. Les personnes soignantes peuvent commencer à demander du soutien sans y être invitées, passer plus de temps dans les espaces communs ou parler avec davantage d’assurance de leur rôle parental. Les enfants peuvent utiliser le vocabulaire appris lors des rencontres, adopter des stratégies plus adaptées pour composer avec des émotions intenses ou s’exprimer plus ouvertement.

Ces moments témoignent d’un sentiment accru de sécurité, de confiance et de régulation émotionnelle.

Écouter avec attention

Les familles soulignent régulièrement que le fait d’être écoutées constitue l’un des aspects les plus précieux du soutien reçu. Disposer d’un espace où elles peuvent s’exprimer ouvertement, sans jugement, se sentir respectées dans leur rôle parental et explorer de nouvelles perspectives fait une différence importante.

On ne dit pas aux personnes soignantes comment élever leurs enfants; leurs forces sont reconnues, et le soutien s’appuie sur ce qu’elles font déjà bien.

Un jour à la fois

S’il y a un message que les intervenantes et intervenants auprès des enfants et des jeunes ainsi que les thérapeutes souhaitent que les familles retiennent, c’est celui-ci : vous faites de votre mieux dans une situation extrêmement difficile. Vous n’avez pas à tout résoudre immédiatement.

Dans les moments d’incertitude, le simple fait de disposer d’un espace où l’on se sent en sécurité, écouté et soutenu peut aider les familles à franchir la prochaine étape, un jour à la fois.

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